Saturday, October 07, 2006

Coupe le son

Monte le son, si t’es un homme
Et nous verrons
Si nos apnées se coordonnent.

Ecoute le bruit du temps qui passe
Marqué par les battements de l’horloge baudelairienne
Celle qui te montre du doigt et te dit « souviens-toi »

Ecoute le bruit des feuilles que l’on froisse
Après y avoir couché ses pensées les plus secrètes
Celles qui parlent de Toi et de Moi et prolongent cet émoi.

Ecoute le bruit des rêves que l’on déchire
D’un simple coup de plume ou de canif, virtuel ou réel
Ceux qui dessinent les contours de notre univers, au-delà.

Monte le son, si t’es un homme
Et nous verrons
Peut-être où nous en sommes.

Ecoute le bruit du sang qui coule le long des lignes
Et s’échoue sur la pierre tombale de nos désirs
Ceux qui nous animent et ne tiennent qu’à un fil de soie.

Ecoute le ronronnement pervers de la machine
Qui vampirise nos pensées et alimente nos soupirs
Celle qui finit par gagner sans tricher en imposant sa loi.

Ecoute le bruit du temps qui passe
Marqué par les battements de l’horloge baudelairienne
Celle qui te traite de vieux lâche et dit « il est trop tard »

Coupe le son, si t’es un homme
Et nous verrons
Si nos silences se coordonnent.
[15.09.06]
 
Creative Commons License
Ce/tte création est mis/e à disposition sous un contrat Creative Commons