Crash_test 8.0
Tu sais, la vie est courte. Les liens se font et se défont. On ne maîtrise pas toujours tout. On avance, on recule. On claque des portes, impulsifs entre les lignes ou border-line en puissance. On apprend à se taire et à sucer méticuleusement ses angoisses. On se fait baiser au sens propre ou figuré. On se fait chier. On s’enlise dans une sorte de marasme psycho-somatique à tendance schizoïde. On baisse les yeux. Et on contemple la merde qui nous colle aux godasses, avant de la bouffer parce qu’on n’a rien d’autre à foutre. Quitte à crever, autant le faire avec sa propre merde .. C’est plus propre. Et pourtant. Même si tout cela ne mène nulle part. Ou pas très loin. De soi. De ce « nous » en devenir. Mais si loin des autres. Dont on se fout éperdument. Parce qu’ils ne savent pas. Parce qu’ils n’ont rien compris. Parce qu’ils ne le méritent pas. Ou si peu. Qu’importe. C’est pas ça l’Essentiel. De toute façon. Tout est dans nos têtes. Et la clef repose sur la distanciation. Toujours. L’action_dans le mouvement. L’instinct_dans l’instant. L’émotion. L’authenticité. Sinon rien. Que dalle. Du vent. Insipide et stérile. Et il te reste quoi. Le carcinome in situ qui métastase tes envies et tes désirs. Le TOC qui fait tic-tac dans ta tête à claques .. Putain de lucidité à conserver coûte que coûte. C’est notre meilleure amie_ennemie finalement. Et les étoiles qui nous tirent vers le haut. Puissantes dans leur furtivité, leur ambivalence, leur ambiguïté, leurs paradoxes, leurs rotations. Fragiles dans leur texture, leur coloration, leur essence, leur existence et leurs sens interdits au bout des lèvres. J’irai bien les décrocher un jour ou l’autre. Histoire de voir si j’en suis digne. Ne serait-ce qu’un instant. Avant que tout ne retombe en poussières. Dans un souffle sépulcral. Celui de la matière qui se moque de tout le reste. Bang. Bang. Bang. Et le mur droit devant. Jamais bien loin. C’est con.
