Sunday, October 22, 2006

Crash test (15)

Crash_test 15.0
Tu vois, parfois je me dis que tout ça n’a aucun sens. Je n’ai pas besoin de toi pour me crasher la gueule en silence. La route je la connais bien. Trop bien même. Les montées, les descentes. Le scénario imbibé de caféine que j’ai tatoué sur ma peau. L’ombre de la Mort qui plane. L’air de rien. La vie qui laisse un goût métallique dans la bouche, jour après jour. Les monstres sous le lit qui mâchonnent l’écorce de nos rêves. Cette tension qui monte, cette noirceur qui s’installe, ce crescendo qui résonne, cet impact qui se dessine. A quoi bon attendre. A quoi bon se taire. A quoi bon maquiller la vérité. A quoi bon se bercer d’illusions stellaires. A quoi bon mettre des putains de gants en latex pour exciser ce qui dépasse et faire comme si de rien n’était. A quoi bon anesthésier ses émotions pour atténuer la douleur qui gangrène le corps et l’esprit. A quoi bon travestir ses maux derrière des mots_papillons incapables de s’envoler, tellement ils sont lourds et s’accrochent au bout des lèvres. A quoi bon faire semblant de continuer à espérer. A quoi bon se détacher de tout, de rien et prendre sur soi, comme de vieux cons, abouliques et pathétiques. Le mur est là, tout près. Il suffit d’un rien pour quitter la route et tirer sa révérence. Simplement. Une Thanatos en couleurs. L’ultime provocation. Ma liberté. Ta renaissance. Tout est lié. Tu sais, je n’ai pas besoin de toi pour me crasher la gueule en silence. Chercher le code, trouver le sens. Tu parles d’une vie. Et pourtant, We’re in this together. Je t'aime. Et c’est bien ma veine.

 
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